Leaderplant
Retour aux articles précedents
Arbustes : Plantation, Conseils Culture

La mini-forêt, une solution pour végétaliser un espace ?

8 janv. 2026

Partout en France, il existe encore de vastes étendues boisées, peuplées d'une multitude d'essences d'arbres. Mais en milieu urbain ou péri-urbain, le béton gagne vite du terrain. Depuis quelques années, de nombreuses communes ou communautés de communes lancent des expériences de mini-forêt, popularisées par la méthode du botaniste japonais Akira Miyawaki, dans les années 1970. L'objectif étant de créer des écosystèmes forestiers sur des parcelles réduites. Découvrons ce concept, ses avantages et les déclinaisons possibles dans un (vaste) jardin.

Les principes de la mini-forêt

Le principe fondamental de la mini-forêt consiste à planter des arbres et des arbustes sur un espace réduit afin de (re)créer un écosystème boisé.  Une superficie de 100 à 3000 m² est recommandée. L'objectif étant de reconstituer artificiellement le processus de croissance et la densité d'une forêt naturelle, suivant la méthode du botaniste japonais Miyawaki. On peut s'appuyer sur quatre étapes pour créer sa mini-forêt.

La sélection d'espèces d'arbres indigènes

Avant toute chose, il faut regarder autour de soi pour repérer la flore locale, et en particulier les arbres et les arbustes qui poussent naturellement. La mini-forêt s'appuie en effet exclusivement sur la plantation d'espèces indigènes, adaptées au sol et au climat.

Ainsi, parmi les arbres, on peut sélectionner les espèces suivantes :

Cette liste n'est évidemment pas exhaustive et, suivant la région, d'autres arbres et arbustes peuvent être envisagés.

La préparation et l'enrichissement du sol

La préparation du sol est essentielle, surtout s'il est pauvre en matières organiques, pollué ou dégradé. Il doit être retourné, décompacté et ameubli sur une vingtaine de centimètres. Ainsi, les conditions d'enracinement et de croissance seront augmentées.

Ensuite, seront apportés des amendements organiques tels que du compost ou du fumier décomposé. Ces éléments nutritifs boosteront la croissance des jeunes arbres. Une couche de BRF (bois raméal fragmenté) pourra aussi être déposé en paillis sur le sol.

Une plantation très dense

La plantation dans une mini-forêt est très dense, plus dense que dans la nature. Comptez trois plants au m². Cette densité a un objectif : créer une forme de compétition entre les essences, principalement en hauteur, pour capter la lumière. De ce fait, la croissance est plus rapide. Et la mini-forêt atteint une maturité beaucoup plus rapidement que les forêts traditionnelles.

Un entretien minimal

Grâce à sa densité et à sa "résilience", la mini-forêt ne demande qu'un entretien minimal pendant les deux ou trois premières années. Un désherbage manuel du sol, quelques arrosages en cas de forte chaleur ou de sécheresse, une petite taille des arbres les plus hauts pour faciliter la croissance des essences plus basses, suffisent amplement. Ensuite, la mini-forêt atteint une sorte d'autonomie écologique pour devenir un écosystème auto-suffisant.

Les avantages de la mini-forêt

Les bénéfices environnementaux, mais aussi sociaux, de ces micro-systèmes sont multiples et essentiels. Surtout dans le contexte climatique actuel...

  • La lutte contre les îlots de chaleur en milieu urbain ou péri-urbain : une mini-forêt agit comme un climatisation naturelle en prodiguant de l'ombre. De plus, par l'évapotranspiration, elle apporte de la fraîcheur. Ainsi, la présence d'arbres et d'arbustes pourrait abaisser la température de 0,5 à 2 °C, voire plus...

  • La séquestration du carbone et le filtrage des polluants atmosphériques est optimisée sur les petites surfaces qui accueillent les mini-forêts. Et certaines essences comme le tilleul ou la charmille sont particulièrement efficaces pour capter les particules. Si les chiffres sont très variables suivant les études, le climat, les régions, une étude néerlandaise de Wageningen Environmental Research estime que la séquestration moyenne pour une mini-forêt d'environ 5 ans est de l'ordre de 127,5 kg de CO2. Et les chiffres ne font que croître avec la maturité des végétaux

  • La densité de plantation des arbres agît comme une barrière anti-bruit. Ainsi, il a été démontré qu'une mini-forêt créée sur le campus de l'Université de technologie de Troyes réduit le bruit de moitié en seulement 3 ans

  • Les mini-forêts ont un impact considérable sur la biodiversité. En effet, les essences natives plantées permettent de récréer des habitats pour la faune. De plus, la présence d'arbustes ou d'arbres à baies comme l'églantier ou le sureau attire et nourrit les oiseaux tandis que la floraison précoce du noisetier est essentiel pour les insectes pollinisateurs

  • La préparation du sol et la densité des plantations permettent de récréer un réseau mycorhizien qui facilite les échanges racinaires. Les plantations sont ainsi plus résistantes aux maladies et ravageurs. Quant au ruissellement de l'eau et des nutriments, il est grandement diminué

  • Dans les villes ou les petites communes, les mini-forêts sont des espaces de bien-être pour la population. Souvent y sont proposés des ateliers pédagogiques autour de l'environnement. Sans oublier les sessions de plantation qui créent du lien.

Une mini-forêt dans son jardin, c'est possible ?

C'est parfaitement possible, à condition d'avoir un espace suffisamment vaste dans son jardin. Certes, la création d'une mini-forêt représente un coût non négligeable. Mais il peut être atténué par la plantation d'espèces en racines nues, ou d'écoplants et de turboplants en motte, proposés par notre pépinière, plus abordables mais tout aussi résistants.