Comment végétaliser son camping ?
29 juin 2026
Planter quelques arbres et arbustes par ci par là, n'est assurément pas la bonne méthode. Aujourd'hui, les vacanciers recherchent des campings avec une identité. Et la végétation est un élément important pour apporter une plus-value au lieu, un peu comme une signature. À cet argument s'ajoutent les enjeux climatiques actuels et la nécessité de préserver la biodiversité tout en économisant l'eau et en facilitant l'entretien. Des gages de qualité pour une clientèle de plus en plus exigeante en termes d'intimité, de confort, d'ombrage... Autant dire que l'aménagement végétalisé de son camping doit être réfléchi suivant des critères précis et de bonnes pratiques paysagères.
Définir une identité végétale en lien avec l'environnement
Votre camping est situé sur la côte bretonne : oubliez l'idée de planter des palmiers ou d'autres essences exotiques ! Votre camping doit s'intégrer dans l'environnement. C'est pourquoi il est judicieux de choisir des espèces locales et indigènes qui poussent naturellement dans votre région. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'elles sont adaptées au sol et au climat, elles sauront résister à la sécheresse ou au froid et créent une véritable unité avec les alentours du camping. Enfin, ces essences indigènes attireront une faune locale, ce qui permet de préserver la biodiversité. Et la clientèle est de plus en plus sensible à cet argument-là !
Ainsi, si vous possédez un camping sur le littoral méditerranéen, vous pouvez sélectionner des espèces comme le pin parasol, le faux poivrier, le ciste, le pistachier lentisque, l'arbousier, l'immortelle...
Jouer sur différentes strates
Pour un aménagement réussi de son camping, il faut jouer sur les différentes hauteurs de végétation. Car chacune a son rôle à jouer pour le bien-être du campeur. On trouve en général trois strates dans un camping.
La strate arborée ou canopée
Il s'agit des grands arbres qui permettent d'apporter de l'ombre et donc de la fraîcheur, tout en laissant passer la lumière, des éléments essentiels pour des campeurs.
Suivant les régions, il est possible de planter des savonniers, des albizias, un paulownia à la croissance rapide, des micocouliers de Provence, des pins parasols, des féviers d'Amérique... Le mûrier platane est aussi parfait car il se développe en parasol, et ne produit pas de fruits qui pourraient tacher les mobil-homes. Le tilleul est aussi intéressant, tout comme le chêne vert sur les littoraux car il retient les sols.
À noter que pour éviter les racines qui soulèvent le sol, il est possible d'installer des barrières anti-racines lors de la plantation.
La strate arbustive
La strate arbustive désigne les arbustes à haies. C'est la solution idéale pour séparer et délimiter les emplacements, tout en préservant l'intimité de chacun et en favorisant la biodiversité. Bien évidemment, on oublie les thuyas, trop uniformes et qui demandent beaucoup d'entretien. La tendance est à la haie libre, sauvage, bocagère...
Et le choix est vaste puisqu'il existe des arbustes adaptés à toutes les conditions climatiques et à tous les sols : laurier-tin, laurier du Portugal, eleagnus, photinia, fusain, pittosporum, oranger du Mexique, osmanthe, abélia, ciste...
On peut aussi tenter les haies de bambous au feuillage persistant mais à la condition de choisir des espèces non traçantes comme les Fargesia. Certaines grandes graminées comme les Miscanthus ou les Pennisetum fonctionnent aussi très bien. Et en plus, leur feuillage apporte du mouvement et un léger bruissement.
À noter que si vous accueillez des campeurs tout au long de l'année, préférez des espèces à feuillage persistant. Et évitez les arbustes épineux ! En revanche, n'hésitez pas à planter au pied des haies des plantes connues pour leurs propriétés anti-moustiques comme la lavande, le romarin, l'armoise, le népéta ou encore, dans les régions au climat doux, des eucalyptus au joli feuillage gris bleuté.
La strate herbacée
Clairement, la terre battue n'est pas la panacée : elle est boueuse après la pluie, poussiéreuse en été. Quant au gazon classique, il ne résiste pas toujours à la saison. L'objectif est donc de choisir des végétaux qui résistent aux piétinements, tout en évitant l'érosion du sol. Plusieurs solutions :
- Dans les zones où le passage est important, pensez aux alternatives au gazon comme le kikuyu, le zoysia ou le trèfle, ou des mélanges de pelouses rustiques
- Pour les voies de circulation, adoptez les dalles alvéolaires qui laissent passer l'herbe et supportent les poids des véhicules
- Dans les endroits où il n'y a pas de passage, sélectionnez des plantes couvre-sols fleuries comme la camomille tapissante, le thym rampant, la turquette, l'érigéron, le plumbago rampant... À l'ombre, sous les arbres, on peut aussi planter la petite pervenche, le géranium vivace...
Végétaliser les parties techniques et communes
Souvent délaissées, on a tendance à les oublier. Pourtant, les blocs sanitaires et les locaux techniques occupent beaucoup d'espace et semblent souvent très austères. L'idéal est donc qu'ils se fondent dans le paysage, tout en restant visibles.
On peut bien sûr les dissimuler via des arbustes de haies au feuillage persistant, ou encore installer des plantes grimpantes. Le Jasmin étoilé (Trachelospermum jasminoides) est idéal : il ne perd pas ses feuilles l'hiver et offre une floraison ultra-parfumée en juin. Pensez aussi à la bignone, au plumbago, au solanum pour les régions au climat doux, au chèvrefeuille... Pour les zones à l'ombre, l'hortensia grimpant est tout trouver !
Le bâtiment pour l'accueil doit aussi être traité avec soin, car c'est la vitrine du camping. Et aussi la première zone que voient les campeurs. Faites un fleurissement soigné avec des vivaces colorées, aux floraisons échelonnées du printemps à la fin de l'automne. Ou bien des arbustes fleuris hyper résistants comme le laurier-rose, l'hibiscus...
La gestion durable des espaces végétalisés
Moins d'eau, moins d'entretien ! Tel est le leitmotiv qui doit aujourd'hui résonner aux oreilles des propriétaires de camping. Quelques petits conseils :
- Ne laissez jamais la terre nue. Utilisez du broyat issu de vos propres tailles d'arbres comme paillis. Le paillage limite l'évaporation, nourrit le sol et empêche les adventices de germer. Un paillis de 10 cm au pied des massifs réduit les besoins en arrosage de 50 %
- Les toitures des mobil-homes et des sanitaires sont des surfaces de collecte des eaux pluviales idéales. L'installation de cuves de stockage enterrées permet d'arroser les nouveaux plants durant leurs deux premières années sans utiliser le réseau d'eau potable
- Tout le camping n'a pas besoin d'être « tondu à ras ». On peut laisser certaines zones en prairie fleurie pour favoriser les pollinisateurs et réduire le temps de travail des agents d'entretien.
Et un dernier petit conseil : pour assurer la sécurité des campeurs et des salariés, faites élaguer vos arbres par un professionnel qui pratique la taille raisonnée !